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L'europe après la pluie

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Le film mélange approche documentaire et expérimentale, régulièrement des éléments apparaissent comme pour révéler quelque chose dans l'image?

Après le premier film, où j'étais face aux gens, je suis resté obsédé par ce lieu. Ce n'est qu'après-coup que j'ai trouvé ce que je pouvais en dire avec mes propres moyens. Ces quelques éléments dont tu parles, la photo, l'hélicoptère, la voix off, ce sont des résurgences de ce qui s'est passé avant, de ces gens qui ne sont plus là. Il ne s'agît pas de donner des pistes au spectateur ou de mélanger des statuts expérimentaux et documentaires, il s'agit plutôt de retours. Le moment où on entend un réfugié raconter sa situation vient du film de 2002. C'est le moment où ces gens reviennent de la mer. Mais il y a également un autre type d'émergence qui m'intéresse : Que se passe-t-il quand on a vu une image ? Une fois qu'on a reconnu une image, par exemple un paysage, que se passe-t-il si on continue à le regarder ? Qu'est-ce qui émerge de l'image dans la durée ?

Les plans tournés en Palestine sont très différents de ceux réalisés à Sangatte, quelle a été ton expérience de tournage ?

Je suis allé deux fois en Palestine sur une période de deux ans pour des séjours de deux mois. C'est à peu près le même dispositif qu'à Sangatte, je suis seul avec ma caméra. Je dérive et quand quelque chose se présente, une lumière, un espace, un cadre, je fais des images sans forcement penser à une logique de film. Tout ce que j'ai tourné là-bas a été fait comme ça, ce sont des plans sur pied qui font minimum une minute. En allant en Palestine, j'ai ressenti un rapport intense à la vie, quelque chose qui m'a donné une envie de filmer la vie et non pas la mort ou une trace de la mort. Même si, on ne parle de ce pays que par rapport à l'occupation et à la guerre, c'est quand même un endroit où on sent une très forte vitalité, où on se prend la vie en pleine gueule. En même temps le premier et le dernier plans sont également des lieux de passages. La vie apparaît et disparaît. Comme la vie est beaucoup plus présente, je me contente de la filmer. Je ne pourrais pas avoir une approche purement esthétique. J'ai besoin d'évoquer des choses essentielles par rapport à ce qui se passe aujourd'hui autour de nous, j'ai du mal à filmer en dehors d'un certain contexte et en même temps, dans ce contexte, je filme des choses assez quotidiennes.