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L'europe après la pluie

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Quelle est l'origine du film ?

J'ai réalisé un premier court-métrage documentaire à Sangatte en 2002. Je me suis rendu là-bas à plusieurs reprises pour rencontrer les réfugiés qui venaient là pour essayer de passer clandestinement en Angleterre. Avec Édouard Beau, un ami photographe, nous avons passé beaucoup de temps là-bas, et nous avons commencé à nous attacher à ces gens et à ce lieu. Nous ne faisions pas forcément grand chose, nous restions avec eux à vivre et à attendre dans ce paysage. C'est de là qu'est né ce premier film, qui était assez traditionnel, proche du reportage. Après la fermeture du centre de la Croix Rouge, je suis retourné plusieurs fois sur les lieux, pour voir comment ça avait évolué. Les réfugiés s'étaient déplacés vers Calais et Le Havre, le village de Sangatte reprenait une vie normale et les touristes commençaient à revenir. Édouard était parti en Irak faire un reportage sur les gens rencontrés à Sangatte et sur leur famille. De là-bas, il m'envoyait des témoignages qui racontaient l'histoire des réfugiés. J'ai reçu ces témoignages, au moment où j'avais décidé de recommencer à filmer, sans savoir au départ où j'allais. Je voulais refaire le trajet des réfugiés depuis Paris jusqu'à la plage de Sangatte. Les réfugiés Kurdes et Afghans partant de chez eux, passaient par la Grèce puis l'Italie, allaient en train ou par camion jusqu'à Paris et de là en train jusqu'à Calais. Dans un premier temps, je pensais faire une lecture des témoignages sur ces images. J'ai monté les plans tournés en super 8, je suis retourné à Sangatte pour faire des prises de son et j'ai réutilisé des sons du premier film, mais il manquait encore quelque chose. Le film ne tenait pas. À cette période, je tournais en Palestine, alors j'ai décidé d'insérer au début et à la fin quelques images qui n'évoquaient pas spécifiquement la Palestine, qu'on ne reconnaît pas forcement, mais un ailleurs, quelque chose qui pouvait parler de l'Orient et de l'Occident.